Wait…Wait…
Je suis à la lisière de ma vie…
Mes mains,
qui jadis estampillaient le portrait de mes parfums,
se sont figées avec le temps
comme un matin
de flammes à Pompéi…
J’ignore si je suis de feu, mais de cendres bientôt je le serai…
Mon corps me rappelle ses quatre vingt dix saisons comme le chuchoteur qui psalmodie le verbe,
j’entends alors une ancestrale comptine,
ce pourrait être le refrain de l’homme libre,
mais moi je dis, wait, wait…
Pas encore, pas maintenant…
Wait, wait, je ne veux plus partir…
J’ai l’âge de ma vieillesse, je ne peux l’ignorer,
ma citadelle sonne le tocsin dans toute la vallée,
il raisonne si fort que certaines de mes racines en viennent à craquer,
c’est comme un soir de tempête à Ouessant,
les vagues claquent sur le mur de roc blanc…
Le vent courre,
il est effréné pour être frénétique,
mais moi je lui dis, wait, wait…
Pas encore, pas maintenant…
Wait, wait, je ne veux plus partir…
Laissez-moi,
la terre est si belle depuis quelque temps…
Au début de ma vie, elle me tordait de douleur, mais ce matin,
comme depuis bien des matins,
elle me caresse de ses épines de sable fin…
Jamais je n’aurai cru voir tous les fanions de Gaia s’unirent en un seul bastion
au nom de toutes les vérités…
Jamais je n’aurai cru voir le riche tissu couvrir la peau fragile,
parce que nue et pauvre…
L’eau s’est même mise à couler là où elle était morte et sèche…
Le vert a bourgeonné alors qu’il se terrait depuis la terre sourde…
L’amour récolte ses épis pour faire la saison nouvelle,
c’est une vendange où les raisins ont oublié la colère,
la vigne signe en paix l’entier et le pain……à y repenser,
le pain n’a jamais été aussi bon et la vigne n’a jamais été aussi belle….
Et s’il devait y avoir une autre raison à ma venue,
Je crois bien que c’était pour voir le nouveau rite de la terre…
Le beau sentiment,
celui qu’il se proclame haut et fort jusque dans nos veines…
Alors, wait, wait, wait, wait…