UN AMOUR SANS AGE
Je m'apprêtais à entrer dans l'hiver de ma solitude, due à mon grand âge paraît-il, lorsque tu es arrivée, tel un soleil
débarqué de tout son univers dans mon ciel de lunes froides,
et je me suis mis à trembler...
Toute ma vie, j'ai cherché une étoile
qui voudrait bien m'éclairer dans tout mon ciel, toute ma vie, j'ai rêvé de celle qui
saurait me porter de tout son amour
et nos ressemblances pour ne finir qu'ensembles, et je te trouve toi, mon étoile,
inspirée de toute ta clarté
alors que j'étais sur le point de tirer le rideau de tous mes voiles, pour n'être que tristes toiles,
et je me mets à trembler
car nous nous aimons, d'un amour content, moi depuis mon long temps,
toi, depuis ton si peu
sans que la raison ait la moindre place,
car notre feu,
celui que nous couvons ensembles depuis notre rencontre,
est aujourd'hui sans fin,
alimenté de toutes nos ressemblances
espacées de nos trente années d'indifférence,
me faisant alors frémir que j'ai bien fait de t'attendre, et ce même si mon extrême vieillesse rejoint ta suprême jeunesse...
Au diable CEdipe et son complexe qui ne l'est pas tant que ça,
puisque j'ai toujours pensé
que l'amour content ne pouvait souffrir d'aucune nature...
Extrait de "HUMAN"